Le départ subit de Xavier Pentecôte, c'est l'idée d'un rêve qui ne s'accomplira jamais, d'une promesse qui ne sera jamais tenue. Le Marseillais (même s'il est né dans les Vosges) a donc choisi en très peu de temps Nice, un contrat de quatre ans et un bon salaire. Mais surtout la quasi certitude de jouer, puisque Mouloungui (West Ham) et Poté (?) sont sur le départ chez les Aiglons, et que l'horizon se dégage enfin pour ce joueur formé à Toulouse.

«Xavier, il ne lui restait qu'un an. On a souhaité le prolonger, mais ses envies salariales étaient au dessus de ce qu'on pouvait lui offrir», explique Alain Casanova, peiné par le départ d'un joueur qu'il a toujours soutenu.

«Il n'a pas cru à notre projet sportif, il se voyait comme le troisième attaquant derrière Bulut et Rivière. J'avais pourtant des idées le concernant, et j'avais commencé à les tester contre Dijon la semaine dernière, quand il est entré comme deuxième attaquant de côté», explique le coach toulousain, qui a envie de s'inspirer des permutations incessantes et des dézonages que pratiquaient la saison dernière à Lille Sow, Gervinho et Hazard.

Mais Pentecôte n'a pas voulu l'entendre de cette oreille. «Je respecte sa décision, mais je suis déçu. Je crois en lui, et je l'ai toujours soutenu», poursuit Alain Casanova.

De fait, les aventures téfécistes de ce joueur fin, élégant, techniquement doué, ont souvent tourné à la poisse.

Depuis 2004-2005 et ses huit premières minutes en Ligue 1 à Bastia, Pentecôte a accumulé les blessures graves. Rupture des ligaments de la cheville droite, déchirure aux ischio-jambiers, rupture du ligament antérieur du genou, déchirure aux abdos, ses malheurs se sont chiffrés à chaque fois en mois, voire en trois quarts de saison.

Pentecôte n'a ainsi joué sous le maillot toulousain que 33 bouts de matches en huit ans (516 minutes exactement, soit moins de six matches entiers), n'a connu sa première titularisation en L1 que la saison dernière à Bordeaux, pour son malheur, et n'a marqué ses deux premiers buts au même niveau qu'à Brest fin mai, lors de la dernière journée.

Comme si une malédiction le frappait sous ce maillot. Car à Bastia, où il a été prêté à deux reprises en Ligue 2 (47 matches, 3158 minutes de jeu, soit 67 minutes de moyenne, et 24 buts), à Toulon où il a inscrit un triplé contre l'Allemagne avec les moins de 20 ans français, «Xav» n'a laissé que des bons souvenirs.

Son envie de jouer a été la plus forte. Elle est respectable, et on lui souhaite de tout cœur bonne route. Mais c'est avec une boule au fond de la gorge.