Samedi soir, le Gym accueille Saint-Etienne pour le compte de la 9e journée de Ligue 1. D’un côté, les Aiglons voudront confirmer un début de saison prometteur et de l’autre les Verts tenteront de retrouver leur fauteuil de leader. Mais au-delà de l’enjeu, ce choc est aussi l’histoire d’une rivalité de longue date entre deux clubs qui se craignent et se respectent. Pour Frédéric Gioria, membre du staff sportif du Gym, l’origine de la rivalité remonte clairement à la saison 1975- 1976 où Saint-Etienne occupait sans partage la scène médiatique. «L’arbitre Robert Wurtz avait alors dirigé un Nice-Saint-Etienne qui est resté célèbre. C’était un vol manifeste, on a perdu le titre ce jour-là», peste encore Gioria.

Un match fou

En effet, aucun amoureux du Gym n’a oublié ni pardonné ce «tragique et tonitruant » épisode dont se souvient dans ses moindres détails Michel Orregia, la mémoire historique des Aiglons. «A trois minutes de la mi-temps survient le premier scandale : Katalinski, à cinq-six mètres de la ligne de but stéphanoise, est taclé par-derrière par Janvion. Le penalty est flagrant, tout le monde en est sûr, sauf M. Wurtz, qui ne voit pas ou ne veut pas voir». Il poursuit : «une bronca immense monte dans le stade. Ça s’échauffe un peu dans les vestiaires. Au retour, Saint-Etienne marque sur un tir de loin de Bathenay. Nice égalise rapidement. A trois minutes de la fin, c’est le deuxième scandale : Huck centre, pour la tête de Toko, qui est très bien placé. C’est alors que Lopez met le poing pour détourner le ballon. Pas la main ni le bras, mais le poing ! Tout le monde le voit, sauf l’arbitre. Lopez se fait «incendier» par ses coéquipiers, Larqué et les autres lui passent un copieux savon. Mais les juges de touche n’ont rien vu non plus. Personne n’a encore réussi à comprendre ce qui s’est passé ce jour-là...»

«Défaite interdite»

Depuis, Nice et l’ASSE ont connu des fortunes diverses. L’un et l’autre ont dû gérer pas mal des problèmes extrasportifs ainsi qu’une relégation en Ligue 2 mais, en toutes circonstances, les retrouvailles n’ont jamais sonné creux. «On aime renouer avec ces ambiances. Ce sont toujours des matchs chauds sur le terrain et en tribunes. Saint-Etienne reste un kop important dans le monde ultra», confie-t-on dans le camp niçois.

Malgré l’excellent début de saison des hommes de Galtier symbolisé notamment par la grande forme de leur attaquant international Dimitri Payet, meilleur buteur du championnat avec 7 réalisations en 8 rencontres, les Aiglons sauront revêtir «la panoplie du guerrier » pour tenter de renverser le nouvel ogre stéphanois. «Il y a des matchs qui sont un peu plus importants que d’autres, souligne Fred Gioria. En tant que joueur, niçois de coeur et de sang, la motivation est décuplée. Contre Saint- Etienne, c’est défaite interdite.» L’entraîneur Eric Roy se montre lui plus mesuré dans son analyse : «Il faudra surtout se méfier d’un adversaire en pleine réussite.»