Quatre premiers mois détonants avaient propulsé Nice au rang de dauphin de Lyon fin novembre. Mais les Aiglons n’ont pu rêver longtemps et enchaîner au même rythme. L’équipe d’Antonetti squatte désormais la huitième place, une position décrite par l’entraîneur corse comme « merdique » samedi dernier après le nul contre Caen (2-2, 29e journée). Le ciel azuréen est donc quelque peu voilé, avec toujours ce nuage de spleen qui a suivi l’élimination traumatisante à domicile contre Vannes (L 2) en demi-finales de la Coupe de la Ligue (1-1, 3-4 aux t.a.b., le 4 février).

En raison du forfait de Jimmy Briand, Loïc Rémy a été appelé en renfort en équipe de France ainsi que Peggy Luyindula. Une première pour l'actuel meilleur buteur actuel de l'OGCN (8 buts), habituellement sélectionné parmi les Espoirs.

Nice piétine à cette sympathique huitième place, qui est à la fois la Suisse (zone neutre), un refuge (pas de vertige de la L 2) et une sorte de prison (quasi condamné à ne pas rêver plus haut). L’équipe d’Antonetti vient d’enchaîner quatre matches sans succès et sans but dans le jeu et, depuis décembre, elle n’a remporté qu’un match sur six au stade du Ray, contre Auxerre (2-0, le 17 janvier), pour douze points amassés en treize rencontres. Aujourd’hui, le quatrième (Bordeaux) n’est visible qu’au télescope (à dix points). « Le ventre mou, pour un entraîneur, c’est le pire, considère Antonetti. Pour jouer à Bordeaux, pas de problème, c’est très motivant, mais faire en sorte que les joueurs retrouvent lamêmemotivation face à des équipes un peu moins bien classées, c’est la difficulté. »

À onze journée du terme de la saison, les Niçois campent dans un superbe isolement, au milieu du gouffre de quatorze points séparant Lille (7e) de Grenoble (9e). Ils n’ont aucun souci particulier, bien au contraire. Ils ont su rendre leur Championnat agréable et trimballent un confort de 40 points. La performance est de taille, pourtant le public rouge et noir est las. Et insatisfait. Il a soif d’Europe, d’ambition.

L’entraîneur de Nice vit mal le mécontentement des supporters et s’agace de ne pas voir son travail reconnu.