Nice avait inscrit huit buts lors de ses trois derniers matches de préparation contre Grenoble (2-1), Saint-Étienne (3-3) et Lille (3-3), par Rémy (3), Modeste, Bamogo, Hellebuyck, Mahamane Traoré et Kanté. Mais samedi dernier, au Havre (1-0), Nice a perdu un match largement à sa portée en coinçant offensivement dans les vingt derniers mètres. « On a eu beaucoup de situations dangereuses, soulignait encore Frédéric Antonetti avant-hier. Mais pas d’occasions nettes. »

Après cinq ans d’éclipse, les Havrais n’ont pas raté la marche. Ils ont fêté leur retour en L 1 par un succès qui ne fera sûrement pas date au niveau de la qualité d’ensemble. Mais cette victoire récompense la ténacité, l’enthousiasme et la persévérance d’une équipe qui a cru en ses chances jusqu’au bout. Longtemps, les Havrais ont même donné l’impression d’être orphelins de Guillaume Hoarau, leur buteur fétiche (28 buts sur 66 la saison dernière), parti respirer l’air de Paris.

Entre deux entraînements huis clos au stade du Ray, les Niçois ont répété quelques gammes hier, au parc des sports Charles-Erhmann, devant une cinquantaine de curieux. Parmi eux,  Jean-Michel, un postier en vacances venu d’Yzeure (Allier), arbitre assistant au niveau amateur, venu pour voir (et entendre)… Antonetti. « C’est l’entraîneur que je préfère avec Courbis. Ce sont deux fortes têtes, deux personnages entiers. » Habituée des lieux, Maryse, née à deux pas du stade du Ray, est plutôt confiante à quarante-huit heures du coup d’envoi de la saison au Havre : « Nice peut faire une bonne saison. J’ai vu le match contre Nîmes (L 2) (4-0). Ça m’a bien plu. Loïc (Rémy) est formidable. Et le jeune gardien colombien  (Ospina) arrivera à être aussi bon qu’Hugo (Lloris). »

La succession du gardien niçois est tombée dans les paumes de Letizi. Derrière « l’ancien » se prépare le jeune Colombien Ospina. 
 
Liam Letizi n’a que quatre ans. Son arrière-grand-père Vincent avait réalisé une belle carrière de gardien de but en Championnat de France amateur. Son grand-père Alain avait évolué en D 2, toujours dans les cages. Quant à son père, Lionel, il a tout connu au plus haut niveau à ce poste (L 1, Coupes d’Europe, équipe de France, expérience à l’étranger). « On progresse à chaque génération », sourit ce dernier.

Le Nice de la saison 2007-2008 a bien vécu. Huitième de L 1 avec la meilleure défense (30 buts encaissés, comme Nancy) et le sixième meilleur buteur du Championnat (Baky Koné, 14 buts), il était « solide, bien équilibré, chacun était bien à sa place », selon Frédéric Antonetti. « L’idéal aurait été qu’on puisse garder tous nos joueurs et qu’on prenne deux ou trois recrues. Là, vous franchissez un cap, poursuit l’entraîneur niçois. Mais, pour cela, il faut un budget de fonctionnement à 45 millions d’euros. » Le club azuréen n’a toujours pas cette épaisseur.