EN L’ESPACE de quelques mois, Nice, en ne changeant rien, a beaucoup changé. Le 24 janvier dernier, le Gym semblait filer tout droit vers la L 2 et les actionnaires du club avaient décidé de faire payer la note à l’entraîneur et au président avant de se raviser au dernier moment. Ils ont bien fait, semble t- il. Ce matin, le club azuréen, avec Frédéric Antonetti sur son banc et Maurice Cohen à sa tête, s’accroche tranquillement à sa quatrième place.

Hier, c’est un Antonetti guilleret qui est venu commenter le match nul de son équipe. « Cette année, ne comptez pas sur moi », a-t-il indiqué à son auditoire, certain de son effet. Lors de son dernier passage au Stade de la Route de Lorient, le 21 octobre 2006, il avait fait trembler les murs et s’était laissé aller à de graves insinuations à l’encontre du corps arbitral. Son équipe, réduite à dix dès la septième minute, s’était inclinée sur un penalty ric et rac.

L'an dernier à pareille époque, Nice se morfondait à la dix-neuvième place de Ligue 1. Après sa victoire sur Nancy (1-0) samedi dernier, les Aiglons pointent au quatrième rang. Une renaissance spectaculaire alors que les Azuréens restent sur une série record de onze matchs sans défaite.

Flash back. 24 janvier 2007, 21e journée de Ligue 1. Nice - Toulouse 0-1. Le Gym est 19e, à la dérive. 16 points seulement, à quatre unités du premier non-relégable. Un jeu en déliquescence, des luttes de pouvoir au sommet du club, des actionnaires qui se déchirent, un public qui crie son désamour. Nice est au bord de la crise de nerfs. L'OGCN patauge dans l'approximation aussi bien en dehors que sur le terrain. Durant quarante-huit heures, l'entraîneur Frédéric Antonetti et le président Maurice Cohen sont même destitués avant que les actionnaires ne les rappellent. Une décision sage, lourde de conséquences.

Et de onze! Vainqueurs logiques de Nancy hier, les Niçois ont aligné un onzième match de Championnat sans défaite. L’OGC Nice, victorieux la troisième fois de suite, occupe désormais la quatrièmeplace du classement à un point de sa victime du jour. Il est en position européenne, même si personne au club ne tient à s’enflammer. « C’est bien, commente l’entraîneur, Frédéric Antonetti, mais je sais que tout va vite. Il y a un an, quand les choses tournaient mal, j’étais viré (*). Alors ne comptez pas sur moi pour sauter au plafond. Maintenant, sur ce qu’on montre depuis un an, je pense qu’on est à notre place. Peut-être même qu’on mérite quelque chose, mais il faudra aller le chercher.»

EN DIFFICULTÉ la saison dernière et assuré de conserver sa place en L 1 lors de l’avant-dernière journée seulement, Nice va bien mieux. Le Gym, invaincu à domicile cette saison, peut profiter de la venue de Nancy pour s’ancrer dans le premier quart du classement. Une accélération qui fait de Nice un candidat à l’Europe. Pourtant, le club manque de lisibilité.

Vincent Hognon, dont le genou droit, déjà opéré deux fois, donne toujours d’inquiétants signes de faiblesse, sera opéré demain à la clinique Notre-Dame, à Saint-Raphaël. Le docteur Imbert pratiquera une arthroscopie qui laissera le défenseur niçois indisponible pour une durée minimale d’un mois.