Avec une fin de confinement progressive fixée a priori au 11 mai, un scénario de reprise du Championnat de France du 17 juin au 25 juillet est possible pour caler les dix journées restantes.


Les huiles du football français ont suivi avec une attention, une concentration de tous les instants même, l’intervention du chef de l’Etat hier soir. Si les conditions exactes du déconfinement restent encore imprécises — elles dépendent aussi de l’évolution sanitaire —, les acteurs du Championnat de France ont compris qu’à partir du lundi 11 mai, les entraînements pouvaient reprendre, alors qu’ils planchaient déjà sur une L 1 (et une L 2) à 22 clubs la saison prochaine, au cas où.

 

Il reste dix journées à disputer en L 1 et en L 2 (11 pour le PSG et Strasbourg qui comptent un match en retard), les championnats étant interrompus depuis le 13 mars. Vendredi, le groupe de travail « scénarios de reprise » a retenu deux calendriers. L’un voit la L 1 renouer avec la 29 e journée le 3 juin, l’autre le 17 juin.

 

Une reprise bloc par bloc


Les médecins préconisent quatre semaines de réathlétisation. Il est donc davantage probable que le football français, qui se réunit à nouveau aujourd’hui à 15 heures au sein d’un bureau téléphonique de la Ligue (LFP), retienne la seconde hypothèse. Elle verrait donc la Ligue 1 reprendre le 17 juin pour la 29 e journée, avec des matchs tous les trois jours ou presque. Le championnat de L 1 s’achèverait dans ce scénario le samedi 25 juillet. Le PSG jouerait alors la finale de la Coupe de la Ligue le samedi 27 juin contre Lyon et la finale de la Coupe de France le 11 juillet contre Saint-Etienne. Comme la 32 e journée est programmée le 28 juin et la 35 e le 12 juillet, il faudra pour ces trois clubs trouver d’autres dates pour le championnat, ce qui complique la donne. Surtout pour Paris avec son match en retard donc contre Strasbourg. C’est un casse-tête infernal.

 

Ce calendrier est celui d’une reprise bloc par bloc : d’abord le championnat puis les Coupes d’Europe, en août. L’UEFA tient sa prochaine réunion le 23 avril en compagnie des 55 associations membres. Comme nous l’avons révélé la semaine dernière, elle dispose d’un calendrier avec une Ligue des champions qui se déroule principalement en août. Le PSG pourrait entamer les quarts de finale à partir du 28 juillet. La finale se tiendrait le 29 août, les demis le 11-12 pour l’aller, le 18-19 pour le retour.

 

Très probablement à huis clos


Autre annonce présidentielle : jusqu’à la mi-juillet, les rassemblements, comme les festivals de musique, sont interdits. Il n’a pas cité l’exemple du sport, mais on peut imaginer que les rencontres reprendraient alors à huis clos. Ce lundi, 45 groupes de supporteurs de L 1, L 2 et National ont fustigé dans un communiqué commun une reprise sans eux, dénonçant « l’insupportable indécence » d’un football « pas capable de voir plus loin qu’un exercice budgétaire ».

 

Pour les diffuseurs, Can­­al +­et BeIN, qui ont refusé de verser l’échéance du 5 avril (152 millions d’euros) alors qu’une autre est prévue le 5 juin, le huis clos et des journées tous les trois jours sont des conditions nouvelles et, pour eux, ce spectacle vaut moins que ce qu’ils devaient initialement payer.

 

Cette donne sera au cœur des prochaines discussions entre les quatre présidents mandatés (PSG, Nice, Toulouse et Marseille) et les patrons de chaîne. Joint hier après l’intervention de Macron, Claude Michy, président de Clermont et du syndicat UCPF (les équipes de L 2), reste prudent. « Le discours du président de la République donne une ligne et des dates, qui pourront chacune évoluer, dit le dirigeant. C’est un discours d’espoir mais n’oublions pas que c’est le virus qui décide. En sport, il y a deux fondements : respecter les règles et le travail d’équipe. Si nous suivons les deux, on pourra reprendre. Mais il faut se montrer raisonnable : rien n’est acquis et tout est modifiable. La santé est primordiale. »

 

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