En ce 6 août 1945, Yamaguchi Tsutomu marchait tranquillement sur le trottoir d'une paisible ville moyenne du Japon. Une belle ville, une ville fluviale et maritime. Des avenues bordées de cerisiers longent les bras d'un fleuve qui s'étale vers la mer. Les horloges des bâtiments officiels indiquent 8h 15, les employés, les ouvriers, les écoliers se rendent à leur bureau, leur usine, leur école. À pied, en raison des pénuries qui frappent l'archipel. Une heure auparavant, une sirène a retenti. Yamaguchi a alors levé les yeux vers le ciel. Comme les autres. Il a vu un unique bombardier, un B29. Tout seul. Alors, comme les autres, il a fini son petit déjeuner. Comme les autres, il n'apercevra pas un second bombardier volant beaucoup plus haut et faisant volte-face. Soudain. Et pour cause... À trois kilomètres du point où il se trouve, et à 600 mètres au dessus de la ville, une immense boule de feu. 100 000 personnes sont vaporisées, incinérées en une fraction de seconde ; un mur de feu et de chaleur, une onde de choc fantastique le jettent au sol. Une douleur fulgurante. Le silence. Yamaguchi a les tympans percés et le haut du corps brûlé. Choqué, hébété, il hante les décombres et croise les malheureux brûlés qui cherchent à se jeter dans les eaux depuis ces belles avenues dont les cerisiers ne sont plus qu'un tas de cendre. Puis il décide de quitter la ville. Le cauchemar, l'enfer. Le plus vite possible. Rentrer chez lui, vite, quitter ce lieu maudit où les affaires de son patron de la Mitsubishi Heavy Industries l'avaient conduit.

 

Nice-Matin a rencontré Margusor (on l'appellera ainsi bien qu'il représente un panel plus large et varié de supporters du Gym), dont les révélations ont de quoi doucher les folles espérances du public niçois. Révélations.

Nous, on est Niçois. Ce club on l'aime, parce que bon, c'est le nôtre, voilà tout. Du beau jeu ? Les moins de 50 ans ne savent même pas de quoi on parle. Le classement ? C'est en partant du bas qu'on le lit. Les victoires ? Rares, précieuses, et généralement entre deux humiliations. Les recrues ? Une bonne pioche par décennie. Les joueurs de niveau mondial ? Demandez à vos pères et à vos grands pères, peut-être se souviennent-ils. La presse ? "De dangereux récidivistes" ou "Nice touche le fond" : de quoi préférer l'Officiel des Antiquaires à l'Equipe. Nous on est Niçois, et le Gym, "c'est une maladie, depuis que je suis né".

Comme le disait un voisin en tribune Garibaldi, après que le dénommé Hatem Ben Arfa a éliminé la défense de Caen sur deux coups de rein, pour aller mettre une frappe de phacochère à angle fermé sous la barre d'un Vercoutre médusé. Qui l'eut cru ? Nice renoue avec une tradition bien locale mais qui, depuis 1974 s'était perdue : le "top player".