Nice-Matin a rencontré Margusor (on l'appellera ainsi bien qu'il représente un panel plus large et varié de supporters du Gym), dont les révélations ont de quoi doucher les folles espérances du public niçois. Révélations.

Nous, on est Niçois. Ce club on l'aime, parce que bon, c'est le nôtre, voilà tout. Du beau jeu ? Les moins de 50 ans ne savent même pas de quoi on parle. Le classement ? C'est en partant du bas qu'on le lit. Les victoires ? Rares, précieuses, et généralement entre deux humiliations. Les recrues ? Une bonne pioche par décennie. Les joueurs de niveau mondial ? Demandez à vos pères et à vos grands pères, peut-être se souviennent-ils. La presse ? "De dangereux récidivistes" ou "Nice touche le fond" : de quoi préférer l'Officiel des Antiquaires à l'Equipe. Nous on est Niçois, et le Gym, "c'est une maladie, depuis que je suis né".

Comme le disait un voisin en tribune Garibaldi, après que le dénommé Hatem Ben Arfa a éliminé la défense de Caen sur deux coups de rein, pour aller mettre une frappe de phacochère à angle fermé sous la barre d'un Vercoutre médusé. Qui l'eut cru ? Nice renoue avec une tradition bien locale mais qui, depuis 1974 s'était perdue : le "top player".

 

Grâce à Mme Irma, qui utilise une boule de cristal de roche du Mt Gélas, nous avons pu entrer en contact avec Numa Andoire, ancien joueur des temps héroïques du Gym et entraîneur du premier titre de champion de France (1951) et du premier doublé coupe-championnat (1952), disparu à la fin du siècle dernier. Numa était connu pour sa gouaille légendaire et pour sa malice. C'est ainsi qu'il avait, la veille de la finale contre Bordeaux, autorisé les joueurs à dépenser la prime de match et à faire la fête. Les Niçois étaient donc entrés très décontractés sur la pelouse de Colombes et en avaient passé cinq aux Girondins.

 

Ce matin, je me suis disputé avec mon amour. Elle m'a demandé de ne pas la quitter.

 

Ne me quitte pas, il faut oublier, tout peut s'oublier, qui s'enfuit déjà, oublier le temps, des malentendus, et le temps perdu, à savoir comment, oublier ces heures, qui tuaient parfois, à coup de pourquoi, le cœur du bonheur.


Il ne faut jamais toucher à l'Aiglon. Jamais !


Il y a une vingtaine d'année, déjà, ils avaient voulu nous traîner dans la boue. C'était à Coubertin. Bien sûr ce n'était déjà pas bien malin de lancer des pétards sur le terrain. Mais les pétards s'étaient miraculeusement transformés en boules de pétanque et le dénommé Chabert avait été pris, finalement, d'un malaise diplomatique, son équipe étant menée 0-1. Quel déchaînement de haine, il faut le dire, RACISTE, avions-nous subi alors, et cela jusqu'à l'Assemblée Nationale. Les Niçois étaient devenus, dans les colonnes de l'impayable France Football, de "dangereux récidivistes", des "animaux". Oui, on parlait bien de racisme.

 

Nous sommes aux alentours de l'an 540 avant J.-C. En mer tyrrhénienne. Le mot "tyrrhénien" provient du grec Turrénos, désignant les Étrusques, peuple mystérieux qui a aussi donné son nom à la Toscane (Tusci en latin). Bon, je vous vois venir, premiers bâillements, vous avez les paupières lourdes, le Prof va nous faire son cours, rapprochons-nous de la fenêtre et profitons-en pour graver "OM on t'enc..." à la pointe du compas sur le pupitre.

 

"Nous, associations de supporters de l'OGCN, qui luttons au quotidien contre la violence qui gangrène le football et donne une image peu en rapport avec les valeurs véhiculées par ce sport, et étant donné l'impact que des images d'une rare violence peut avoir sur un jeune public, et enfin, soucieuses des vertus éducatives du sport, nous tenons à assurer M. Carvalho de notre solidarité et nous enquerrons avec inquiétude de son état de santé.

Non, on ne va pas revenir sur le stade de Sainti. Oui, il est beau, fonctionnel, pentu, un vrai stade de foot et à la fois un stade pour tous les publics, du VIP à l'ultra, en passant par la famille. Certes, si on cherche la petite bête on la trouve. La mayo dans les Pans Bagnats. Le sandwich américain frite + coca 50 cl à 6, 50 euros (horreur, dans la rue en bas de chez moi c'est 5, 50 euros !). Certes, pour certains inconsolables du Ray, il n'est pas au Ray et certes, pour d'autres qui croient peut-être encore au Père Noël, ou qui pensent que Gérard Majax n'avait pas de truc, on peut pas vouloir 35 000 Nissarts au stade et être dans son canapé pour jour de foot 20 minutes après la fin du match.

 

« Nous voulions changer le monde, mais le monde nous a changés ». Les héros de ce merveilleux film d'Ettore Scola se demandent ainsi ce qui a pu les transformer, eux, les jeunes idéalistes, en ce qu'ils sont devenus. Conformes et conformistes, dans l'Italie qui voit se finir le miracle économique. Antonio, Gianni et Nicola ont un point en commun. Ils ont tous les trois aimé Luciana. Nous avons tous aimé une Luciana. Et pour les moins jeunes d'entre nous, nous nous sommes tous demandé pourquoi nous avions fini par être ce que nous sommes devenus. Si loin de nos rêves romantiques.