Pour l'emporter hier au stade du Ray, Marseille a dû faire preuve d’un mental acéré face à la pression niçoise, s’en remettre à quelques exploits de Mandanda, mais surtout afficher ses progrès dans le jeu. L’OM peut se réjouir de compter sur une division offensive performante. Nasri absent, Valbuena s’est mué avec bonheur en meneur de jeu tandis que Niang et Cissé ont tous les deux marqué. Pour Nice, après l’élimination en Coupede France (à Angers, 1-3), il va falloir serrer les rangs, les absences de Koné et Laslandes ayant compté hier soir.

Hugo Lloris, vingt et un ans, et Steve Mandanda, vingt-deux ans, ne se quittent plus. Régulièrement convoqués ensemble en Espoirs par René Girard, il ont franchi un palier cette semaine en participant à la large revue d’effectif voulue par Raymond Domenech. Ils se sont partagés (une mi-temps chacun) le but de l’équipe A’ mardi contre la république démocratique duCongo (0-0). Et, ce soir, ils se retrouveront face à face lors d’un très attendu Nice-Marseille au stade du Ray.

COMME EN 2007 contre Montpellier (Ligue 2), en 2006 contre Brest (L 2) et en 2005 contre Nîmes (National), Nice a disparu samedi soir sur la pelouse d’un club hiérarchiquement  inférieur, Angers (1-3, Ligue 2).Un échec qui survient après trois mois passés sans la moindre défaite, précisément depuis le 30 octobre 2007 à Auxerre, en Coupe de la Ligue (2-6 après prolongation, 8es de finale).

Le succès angevin n’a d’égal que l’humiliation niçoise. Les pensionnaires de L 2, étonnants de sérénité, ont méthodiquement anéanti des Azuréens sans âme, qui ne sont jamais parvenus à se révolter. Le quatrième de L 1, méconnaissable, n’en avait hier que le nom. Une véritable leçon tactique lui a été infligée par un SCO en état de grâce.

Dès son premier match sous le maillot niçois, à dix-neuf ans, il s’était illustré. Quatre minutes après son entrée en jeu à la place de Bigné le 5 février 2005 au stade du Ray, Honorato Campos Ederson était irrégulièrement stoppé dans la surface de réparation, Nice obtenait un penalty et évitait une défaite contre Metz (1-1). Trois semaines plus tard, le Brésilien célébrait le premier de ses douze buts en Ligue 1 – un lob de 35 mètres aveuglant Audard ! – contre Monaco (2-1), le club qu’il aurait pu rejoindre avant Nice si l’ASM avait exploité le DVD qu’on lui avait présenté. Ederson était alors prêté par la Juventude. Il allait l’être jusqu’à juin 2006, sans que Nice ne lui verse de salaire...

EN JANVIER 2007, l’Olympique Lyonnais avait recruté le Sedanais Nadir Belhadj avant de le prêter six mois au club ardennais. Le sextuple champion de France apprécie apparemment cette façon de faire. Il va répéter l’opération. Il officialisera aujourd’hui la signature, pour quatre ans et demi, de Honorato Campos Ederson, le milieu de terrain de Nice, si la visite médicale se déroule sans accroc. Mais le Brésilien ne s’installera pas  immédiatement à Lyon. Il finira la saison dans le Sud, ce qu’il souhaitait. Les négociations ont abouti hier au siègede l’OGCN, où se trouvait Marino Faccioli, le directeur administratif de l’OL.

LES IMAGES TÉLÉVISÉES se révèlent parfois cruelles. En attendant le coup d’envoi de cette partie, Élie Baup a regardé, sur un des deux écrans du Stadium, Emana inscrire le troisième but du Cameroun devant la Zambie (5-1). Encore privé de sept autres de ses joueurs cadres, l’entraîneur du TFC a ensuite pu glisser seulement dix-sept joueurs valides sur la feuille de match de ce choc des extrêmes. Toulouse se trouvait premier non relégable au coup d’envoi tandis que Nice pointait au pied du podium.

 

EN L’ESPACE de quelques mois, Nice, en ne changeant rien, a beaucoup changé. Le 24 janvier dernier, le Gym semblait filer tout droit vers la L 2 et les actionnaires du club avaient décidé de faire payer la note à l’entraîneur et au président avant de se raviser au dernier moment. Ils ont bien fait, semble t- il. Ce matin, le club azuréen, avec Frédéric Antonetti sur son banc et Maurice Cohen à sa tête, s’accroche tranquillement à sa quatrième place.

Hier, c’est un Antonetti guilleret qui est venu commenter le match nul de son équipe. « Cette année, ne comptez pas sur moi », a-t-il indiqué à son auditoire, certain de son effet. Lors de son dernier passage au Stade de la Route de Lorient, le 21 octobre 2006, il avait fait trembler les murs et s’était laissé aller à de graves insinuations à l’encontre du corps arbitral. Son équipe, réduite à dix dès la septième minute, s’était inclinée sur un penalty ric et rac.

L'an dernier à pareille époque, Nice se morfondait à la dix-neuvième place de Ligue 1. Après sa victoire sur Nancy (1-0) samedi dernier, les Aiglons pointent au quatrième rang. Une renaissance spectaculaire alors que les Azuréens restent sur une série record de onze matchs sans défaite.

Flash back. 24 janvier 2007, 21e journée de Ligue 1. Nice - Toulouse 0-1. Le Gym est 19e, à la dérive. 16 points seulement, à quatre unités du premier non-relégable. Un jeu en déliquescence, des luttes de pouvoir au sommet du club, des actionnaires qui se déchirent, un public qui crie son désamour. Nice est au bord de la crise de nerfs. L'OGCN patauge dans l'approximation aussi bien en dehors que sur le terrain. Durant quarante-huit heures, l'entraîneur Frédéric Antonetti et le président Maurice Cohen sont même destitués avant que les actionnaires ne les rappellent. Une décision sage, lourde de conséquences.

Et de onze! Vainqueurs logiques de Nancy hier, les Niçois ont aligné un onzième match de Championnat sans défaite. L’OGC Nice, victorieux la troisième fois de suite, occupe désormais la quatrièmeplace du classement à un point de sa victime du jour. Il est en position européenne, même si personne au club ne tient à s’enflammer. « C’est bien, commente l’entraîneur, Frédéric Antonetti, mais je sais que tout va vite. Il y a un an, quand les choses tournaient mal, j’étais viré (*). Alors ne comptez pas sur moi pour sauter au plafond. Maintenant, sur ce qu’on montre depuis un an, je pense qu’on est à notre place. Peut-être même qu’on mérite quelque chose, mais il faudra aller le chercher.»