LE 10 FÉVRIER DERNIER, Marseille avait saccagé deux séries niçoises. Nice était alors invaincu depuis treize matches en L 1 et depuis vingt matches au stade du Ray. L’OM s’était imposé 2-0 au domicile des Aiglons. Auxerre en a remis une couche samedi (2-1). « Février est catastrophique au niveau des points (1 sur 9) alors qu’il n’y aurait rien à dire si on en avait cinq de plus, et ça comptera à la fin », regrette l’entraîneur niçois Frédéric Antonetti.

 

« On a ressuscité des morts ! » s’est exclamé Frédéric Antonetti sur son banc. On jouait la 70e minute de jeu et Chafni profitait d’un deuxième moment de flottement de la défense niçoise pour donner l’avantage à l’AJ Auxerre. Trois minutes plus tôt, c’est le Roumain Niculae qui avait égalisé à la suite d’un coup de pied arrêté, alors que Jean Fernandez s’apprêtait à effectuer un triple changement offensif.

Certes, Lens a trouvé la transversale, en toute fin de match, sur une tête de Maoulida (89e). Mais les Nordistes peuvent s’estimer heureux d’avoir pris un point, hier soir, contre Nice. Cela leur permet d’étendre leur série d’invincibilité à six rencontres, dont cinq en L 1. Toutefois, il s’agit du deuxième match nul de suite à domicile après Strasbourg, et les Sang et Or reculent à la quinzième place.

A l'image de son équipe, Florent Balmont est rayonnant. Avec Echouafni, la sentinelle, Hellebuyck, son pendant à gauche, et Ederson, le meneur brésilien surdoué, Balmont fait partie du carré magique des Aiglons et brille au sein du milieu en losange instauré par Frédéric Antonetti. « Il est l'un des tous meilleurs joueurs du Championnat à son poste », confirme son entraîneur. Gros travailleur, excellent dans le harcèlement, il délivre des passes décisives et sait trouver Koné les yeux fermés.

Pour l'emporter hier au stade du Ray, Marseille a dû faire preuve d’un mental acéré face à la pression niçoise, s’en remettre à quelques exploits de Mandanda, mais surtout afficher ses progrès dans le jeu. L’OM peut se réjouir de compter sur une division offensive performante. Nasri absent, Valbuena s’est mué avec bonheur en meneur de jeu tandis que Niang et Cissé ont tous les deux marqué. Pour Nice, après l’élimination en Coupede France (à Angers, 1-3), il va falloir serrer les rangs, les absences de Koné et Laslandes ayant compté hier soir.

Hugo Lloris, vingt et un ans, et Steve Mandanda, vingt-deux ans, ne se quittent plus. Régulièrement convoqués ensemble en Espoirs par René Girard, il ont franchi un palier cette semaine en participant à la large revue d’effectif voulue par Raymond Domenech. Ils se sont partagés (une mi-temps chacun) le but de l’équipe A’ mardi contre la république démocratique duCongo (0-0). Et, ce soir, ils se retrouveront face à face lors d’un très attendu Nice-Marseille au stade du Ray.

COMME EN 2007 contre Montpellier (Ligue 2), en 2006 contre Brest (L 2) et en 2005 contre Nîmes (National), Nice a disparu samedi soir sur la pelouse d’un club hiérarchiquement  inférieur, Angers (1-3, Ligue 2).Un échec qui survient après trois mois passés sans la moindre défaite, précisément depuis le 30 octobre 2007 à Auxerre, en Coupe de la Ligue (2-6 après prolongation, 8es de finale).

Le succès angevin n’a d’égal que l’humiliation niçoise. Les pensionnaires de L 2, étonnants de sérénité, ont méthodiquement anéanti des Azuréens sans âme, qui ne sont jamais parvenus à se révolter. Le quatrième de L 1, méconnaissable, n’en avait hier que le nom. Une véritable leçon tactique lui a été infligée par un SCO en état de grâce.

Dès son premier match sous le maillot niçois, à dix-neuf ans, il s’était illustré. Quatre minutes après son entrée en jeu à la place de Bigné le 5 février 2005 au stade du Ray, Honorato Campos Ederson était irrégulièrement stoppé dans la surface de réparation, Nice obtenait un penalty et évitait une défaite contre Metz (1-1). Trois semaines plus tard, le Brésilien célébrait le premier de ses douze buts en Ligue 1 – un lob de 35 mètres aveuglant Audard ! – contre Monaco (2-1), le club qu’il aurait pu rejoindre avant Nice si l’ASM avait exploité le DVD qu’on lui avait présenté. Ederson était alors prêté par la Juventude. Il allait l’être jusqu’à juin 2006, sans que Nice ne lui verse de salaire...

EN JANVIER 2007, l’Olympique Lyonnais avait recruté le Sedanais Nadir Belhadj avant de le prêter six mois au club ardennais. Le sextuple champion de France apprécie apparemment cette façon de faire. Il va répéter l’opération. Il officialisera aujourd’hui la signature, pour quatre ans et demi, de Honorato Campos Ederson, le milieu de terrain de Nice, si la visite médicale se déroule sans accroc. Mais le Brésilien ne s’installera pas  immédiatement à Lyon. Il finira la saison dans le Sud, ce qu’il souhaitait. Les négociations ont abouti hier au siègede l’OGCN, où se trouvait Marino Faccioli, le directeur administratif de l’OL.