Dans sa troisième saison d’entraîneur à New York après un apprentissage avec la réserve de Manchester City, Patrick Vieira a pris de l’épaisseur dans son nouveau rôle.


On a eu la chance d’assister à un entraînement du New York City FC dirigé par Patrick Vieira, dans les premiers jours de mars, au sein du nouveau centre d’entraînement du club, au nord de New York, à Orangeburg. L’affaire se passe un vendredi, juste avant la reprise de la MLS. Tout commence par des petits jeux durant lesquels le Français (41 ans) se mêle à ses joueurs, souvent, n’hésitant pas à les chambrer, avec son rire sonore.

 

Quand on a des souvenirs du joueur Patrick Vieira, que l’on n’entendait pas facilement, c’est la première surprise, et le premier signe du basculement : il est devenu extrêmement « vocal », comme disent les Anglais. Il est proche des joueurs, ne reste pas à la périphérie de la séance les bras croisés, intervient sans cesse, comme dans le deuxième thème du jour, des exercices par ateliers : un groupe devant le but, pendant que deux groupes travaillent la transition dans une attaque défense. Et tout le monde tourne. Enfin, est venue l’opposition : là aussi, Vieira ne délègue pas tout à ses adjoints, intervient, replace, recadre avec sa voix qui porte.

 

“Je filme mes causeries parce que je veux savoir ce que j’en penserais si j’étais encore de l’autre côté

 

C’est ce qui marque l’observateur : par-delà ce qu’il réclame (et ce jour-là, il avait plus travaillé l’animation offensive que défensive), il y a la manière, cette prise de parole, qui traduit chez lui une évolution dont il nous dirait : «Je n’ai pas toujours été comme ça, mais depuis que je suis entraîneur, j’ai pris confiance. Je suis plus sûr de moi, je sais mieux ce que j’attends des joueurs, la manière dont on veut jouer. C’est la certitude de ce que je veux obtenir qui me fait m’exprimer comme ça. »

 

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Ses causeries ont évolué, aussi, avoue-t-il, grâce à ses deux années d’ambassadeur de Manchester City, qui lui imposaient des discours en toutes circonstances. Et grâce à une exigence personnelle que l’on retrouve dans cette anecdote : « Même aujourd’hui, pendant le stage de préparation, je filme mes causeries, parce que je veux les revoir et savoir ce que j’en penserais si j’étais encore de l’autre côté, au milieu des joueurs. Est-ce que je ne répète pas trois ou quatre fois la même idée ? Ce sont des infos essentielles pour continuer à apprendre sur soimême. »

 

Entraîneur de la réserve de Manchester City pendant plus de deux ans, de l’été 2013 à son départ pour le New York City FC, en novembre 2015, il a commencé, en mars, sa troisième saison en MLS à la tête de la franchise américaine. Il a accédé aux demi-finales de conférence ces deux dernières saisons. Actuellement, New York City est deuxième de la Conférence Est.

 

Patrick Vieira nous avouait en février, dans ces colonnes, n’avoir pas anticipé cette deuxième carrière : « Je me surprends, moi aussi. Je ne savais pas que j’allais tomber dedans. Je me suis franchement senti à l’aise, c’est quand j’ai passé du temps avec les gamins de l’Academy de Manchester City. Je me suis donc décidé à passer mes diplômes et j’ai commencé à réfléchir à tout ce à quoi je n’avais ja- mais réfléchi avant : comment préparer une séance ? Qu’est-ce que l’on recherche par rapport au match suivant ? Comment organiser une semaine ? » Il disait avoir beaucoup appris des entraîneurs de City, dont Manuel Pellegrini, et de ses adjoints avec la réserve : « L’organisation de la semaine, l’animation des séances, la préparation physique, au départ, si j’avais dû faire ça tout seul, je serais allé dans le mur. Mais j’ai des regrets : j’ai eu des entraîneurs superbes et je suis vraiment un con de n’avoir pas pris de notes... » La mémoire lui reviendra peut-être, au fur et à mesure.

 

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